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Newletter de l’AVISE – socialementresponsable.org – Novembre 2016

Témoignage siae – Le Tour d’Ile-de-France de l’autoréparation solidaire

  • Type de structure : Atelier et chantier d’insertion
  • Statut : Association
  • Secteur(s) d’activité : Réparation et vente
  • Implantation géographique : Île-de-France
  • Effectif : 8 à 12 salariés en parcours d’insertion par atelier
  • Date de création : 2007

Dans le cadre de son plan de déplacements, une entreprise ou une collectivité peut chercher à promouvoir l’usage du vélo, afin de limiter l’empreinte carbone des trajets domicile-travail de ses collaborateurs ou de ses habitants. Pour éviter qu’une crevaison ou une roue tordue ne deviennent des prétextes à reprendre la voiture, des structures  d’insertion se sont spécialisées dans la mise en place d’ateliers d’autoréparation, dont l’objectif est de rendre le cycliste le plus autonome possible. L’association Etudes et Chantiers Ile-de-France a ainsi lancé les ateliers et chantiers d’insertion SoliCycle, pour assurer la promotion de la bicyclette dans les quartiers prioritaires franciliens de la politique de la ville.  

Questions à Myriam Dauphin, déléguée régionale, et à Mathieu Ferré, directeur adjoint, association Etudes et Chantiers Ile-de-France, porteuse de SoliCycle

Avec SoliCycle, vous avez lancé un véritable concept d’atelier vélo. En quelques mots, comment le définissez-vous ?

Myriam Dauphin (MD) : L’association Etudes et Chantiers Ile-de-France porte 14 ateliers et chantiers d’insertion, dans les domaines de l’entretien des espaces verts, du maraichage et de la restauration du patrimoine notamment.

Nous développons SoliCycle depuis 2007, en nous inscrivant dans une logique forte d’économie circulaire. Nous recyclons près de 2 000 vélos par an, valorisés sous forme de pièces détachées ou produits d’occasion : 2/3 d’entre eux sont remis en état de rouler. Chaque personne qui adhère à une association SoliCycle peut ainsi acheter un vélo et apprendre à le réparer en atelier, grâce au partage de savoir-faire de nos salariés en insertion.

Pour quelles raisons avez-vous fait de l’atelier vélo un levier d’insertion socioprofessionnelle ?

Mathieu Ferré (MF) : L’atelier de réparation est, d’un point de vue pédagogique, très innovant. Il permet une inversion des postures : d’apprenants, les salariés de SoliCycle deviennent formateurs. Nous embauchons pour chaque atelier entre 8 et 12 personnes. Une partie de la semaine, elles sont formées à la mécanique par le chef d’atelier et l’encadrant technique, l’autre partie étant dédiée à l’accueil et au conseil aux adhérents. C’est une expérience très valorisante.

L’activité que l’on a permet d’acquérir des compétences multiples, comme l’usage de l’informatique pour la gestion des stocks, les capacités d’animation et de transmission de savoir-faire, etc. Nous avons des sorties positives intéressantes : dernièrement dans une boutique Go Sport par exemple.

Votre chiffre d’affaires repose davantage sur la réalisation d’animations que la vente de vélos. Pourquoi les professionnels ont-ils recours à vos services ?

(MF) : Nous proposons divers services aux collectivités et aux entreprises. Nous avons une activité d’entretien de flottes de vélos. Nous avons remporté un marché en ce sens avec la direction des affaires scolaires de la ville de Paris. Nous avons aussi vendu une flotte d’occasion à Transdev.

(MD) : On propose également de nombreuses animations autour du vélo, par exemple lors de la Semaine européenne de la mobilité, mais également lorsque des entreprises souhaitent promouvoir la mobilité douce dans le cadre de leur plan de déplacements. Dans ce cas, on vient dans leurs locaux en triporteur avec notre matériel et nos salariés montrent aux collaborateurs de l’entreprise les gestes de base pour entretenir son vélo ou comment le sécuriser et le marquer pour éviter le vol. Pour l’anecdote, on a un « vélo blinder », qui permet de mixer des fruits et légumes quand on pédale dessus, on fait des ateliers de détournements d’objets (pour transformer des dérailleurs en bougeoirs ou des chambres à air en porte-clés) et aussi des balades découvertes, etc. Nous sommes en capacité de nous adapter aux logiques événementielles de ce type d’atelier.

Vous travaillez avec de grands comptes sur la promotion du vélo. Qui sont vos clients ?

(MF) : Nous avons d’abord des partenariats structurants avec de grandes entreprises comme le Groupe La Poste ou Decathlon par exemple : ces derniers soutiennent notre activité en nous mettant à disposition, sous forme de don, leurs vélos hors d’usage pour que l’on récupère les pièces détachées ou qu’on puisse les revendre d’occasion.

En ce qui concerne notre volet animation, nous avons des clients importants comme Icade ou Thalès qui nous commandent des petits événements pour leurs salariés dans le cadre d’un plan de déplacement inter-entreprises.

Vous avez développé des projets d’autoréparation spécifiques pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville. De quoi s’agit-il ?

(MD) : D’abord, SoliCycle est implantédans des quartiers prioritaires, où la pratique du vélo est souvent peu répandue, pour en faire la promotion : Les Ulis, Clichy-la-Garenne, Plaine Commune et tout récemment, Porte de Vanves, que nous venons d’inaugurer. Nos ateliers deviennent souvent des lieux de vie de quartier, on crée du lien social.

(MF) : Il est vrai que nous venons également de lancer une nouvelle initiative grâce au Fonds pour l’innovation sociale de l’ESH, au conseil départemental et aux services de Plaine Commune liés au contrat de ville et à la convention de renouvellement urbain avec l’ANRU, pour appuyer l’installation dans les quartiers prioritaires d’ateliers d’autoréparation. Nous allons repérer et former pendant trois ans des habitants intéressés à se lancer dans cette activité, notamment à Epinay-sur-Seine, La Courneuve, Pierrefitte…

Les ateliers vélos se structurent en réseaux à différentes échelles géographiques. Quel est le rôle de ces fédérations ?

(MF) : Entreprendre en réseau permet d’abord de proposer des projets d’ampleur sur un territoire donné. Par exemple, nous avons remporté un appel à projets de Plaine Commune en proposant le projet « Bicyclo », une Maison du Vélo, à Saint-Denis,  rassemblant des associations et collectifs engagés comme nous dans la promotion du vélo : AICV, L’Atelier Vélo Nomade de Saint-Denis, Cyclolîle, La régie de quartier de Stains et Vélo à Saint-Denis.

Nous nous impliquons également dans un réseau régional, la Clavette, une coordination qui cherche à développer les réponses groupées des ateliers vélos à des marchés publics. Et puis il y a au niveau national l’Heureux Cyclage, dont nous sommes administrateurs, et qui cherche à promouvoir le développement, partout en France, des ateliers vélos. C’est important de pouvoir partager entre porteurs de projets, car les logiques ne sont pas forcément les mêmes (militantisme, insertion par l’activité économique, association d’usagers du vélo, etc.) et il faut pouvoir échanger pour imaginer de porter des actions communes.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

(MF) : Nous avons beaucoup de sollicitations pour dupliquer notre modèle sur d’autres territoires. Nous allons par exemple expérimenter un déploiement dans le cadre des futures gares du Grand Paris. SoliCycle pourrait devenir à terme une franchise solidaire, mais nous préférons parler de la construction d’un réseau, pour accompagner de nouveaux porteurs de projets.

 

 

 

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Nous avons une activité d’entretien de flottes de vélos. Nous avons remporté un marché en ce sens avec la direction des affaires scolaires de la ville de Paris.

Contact

Barbara Deyme, chargée de communication

E-mail : communication[at]

etudesetchantiers.org

Adresse : Le PHARES 6, rue Arnold Géraux, 93 450 L’Ile-Saint-Denis